Culture

Idir tire sa révérence

Le maître de la chanson kabyle Idir nous a quitté Samedi 2 Mai à 21h, à l’âge de 71 ans suite à une maladie des poumons, a-t-on appris.

C’est à l’hôpital Bicha à Paris que nous quitte le chanteur Kabyle Idir, de son vrai non Hamid Cheriet après un long combat avec sa maladie, selon sa famille qui précise que “sa mort n’a aucun lien avec le virus Covid-19”.

Avec un de ses premiers titres, :A Vava Inouva » devient rapidement dans les années 1970 un tube planétaire, le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord. Sa carrière est marquée par une irruption soudaine sur le devant de la scène, puis une éclipse volontaire d’environ une dizaine d’années à partir de 1981. Ses albums sont rares, quatre en quatre décennies. Mais l’œuvre d’Idir a contribué au renouvellement de la chanson berbère, et a apporté à la culture berbère une audience internationale. La musique d’Idir naît de l’association de différents instruments, mais celui qui est à la base de son œuvre est bien la flûte du berger kabyle. Il s’agit d’ailleurs du premier instrument dont il a appris à jouer dès son plus jeune âge : « au village, les enfants que nous étions se transformaient en bergers dès la sortie de l’école. Et tailler une flûte dans un roseau allait de soi. Quand une mélodie me vient, je la teste d’abord à la flûte ». La guitare folk est venue plus tard, au lycée, à Alger : un coopérant français m’a enseigné les premiers accords. Mais j’ai vite cherché à reproduire sur les cordes les cadences des percussions traditionnelles, le tambourin et le bendir ». Les sonorités entremêlées des guitares, flûtes et autre darboukas caractérisent la musique d’Idir. Écrites en kabyle ou en français, ses chansons ont cependant une portée universelle et se veulent mondiales. D’où le qualificatif de musiques du monde souvent donné à cette œuvre. Les sujets de ses chansons, dont la majorité des textes sont écrits par Benmohammed, recouvrent différents thèmes comme l’exil (A Vava Inouva), la fête (Zwit Rwit) ou encore l’émotion et les souvenirs (Ssendu). Ce style de musique se veut profond, déclenchant l’émotion et la nostalgie. Bon nombre des chansons d’Idir ont fait l’objet de reprises multiples, et elles ont toujours – année après année – une place de choix dans la programmation musicale des mariages kabyles (et autres). Idir avaut participé, en outre, à un duo très symbolique (Azwaw 2) avec le chanteur algérien de musique raï Cheb Mami, sur l’album de ce dernier intitulé « Meli Mel ». Jean-Jacques Goldman a écrit les paroles sur une musique d’Idir de la chanson « Pourquoi cette pluie ? », issue de son album Deux rives, un rêve. Il a collaboré avec de nombreux artistes R&B et Rapdu moment tels que Zaho (Tout ce temps, La France des couleurs), Sinik, Amine, Leslie, Sniper, Willy Denzey, Nadiya, Kenza Farah, Corneille, Yannick Noah, Tiken Jah Fakoly (La France des couleurs). Grand Corps Malade lui a écrit la chanson Lettre à ma fille sur une musique composée par Tanina, la fille d’Idir.Une autre légende de la chanson kabyle qui part pour un monde meilleur laissant un riche répertoire immatériel pour la culture algérienne.

Paix à son âme.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer